top of page

LA BELLE ET LA BÊTE : la vraie, par Jean Cocteau (1945)

  • Sylvain Binetti
  • 25 déc. 2025
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 3 janv.

C’est une nouvelle de Madame Jeanne-Marie Leprince de Beaumont qui inspira bon nombre d’adaptations cinématographiques à travers le monde au cours du 20eme et 21eme siècle. Son titre, « La Belle et la Bête ». Parmi ces adaptations cinématographiques, celle de Jean Cocteau en 1945.


Un tournage périlleux que les conditions de cette époque n’ont pas épargné. Un couvre feu, des alertes incessantes, une maladie de peau qui rongeat littéralement la santé de son réalisateur. Mais nul ne peut soupçonner tout cela après le visionnage de cette œuvre. Son esthétisme, grâce au génie de Jean Cocteau et de son chef opérateur Henry Alekan. Un noir et blanc sublimé, des lumières féeriques, une atmosphère onirique magnifiant les interprètes.


Jean Marais et Josette Day en première ligne.


Cette dernière n’aurait jamais dû apparaître au générique. C’est le maquilleur Hagop Arakelian qui obtint gain de cause, en lui mouillant les cheveux dans un lavabo, les lui tirant en arrière, et clamant « voici tout simplement la Belle ».


Jean Marais quant à lui, devant supporter quotidiennement cinq heures de maquillage pour devenir cette bête maudite des fées, devait être post-synchronisé pour obtenir à l’écran une voix digne de son costume, qu’ il avait lui même dessiné.


Un autre miracle parmi les multiples difficultés qui mirent tellement à mal ce tournage fut celui ci : sa voix changeât brusquement et devint enfin crédible aux yeux et oreilles de tous. Grâce notamment à la cigarette qu’il avait décidé d’adopter pour briser cette voix fluette qui lui faisait horreur. Plus besoin de post synchronisation.


Le contexte de cette époque était si sombre, les problèmes si nombreux, le désespoir gagnant l’équipe devenait si grand.. Un seul résista à ces complications, Jean Cocteau, qui foisonnait malgré tout de tant d’idées, de richesses créatives, d’illuminations, et même de prestidigitations car les effets spéciaux de ce film furent entièrement faits main.


Le résultat ressemble au rêve qu’un enfant pourrait faire et s’en souvenir toute sa vie.


Les premières secondes de ce film se déroulent ainsi : Un texte écrit à la craie par Jean Cocteau sur un tableau noir et dans un roulement de tambour. Un texte qui explique que nul ne doit oublier les rêves de l’enfance, mais conserver à jamais en soi cette formule magique qui permet à tous de continuer à rêver : « Il était une fois….. »



 
 
bottom of page