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MA LOUTE / Bruno Dumont (2016)

  • Jean-Marie Sanjorge
  • 9 mars
  • 1 min de lecture

Cher Monsieur Luchini,


C'est au plus difficile de vos personnages que je voudrais m'adresser aujourd'hui, à savoir le bourgeois désabusé de "Ma Loute".


Je suis en effet insatisfait de tous les commentaires -positifs comme négatifs- que j'ai pu entendre concernant ce film :

  • les uns exaltant le rire qu'il peut susciter et la qualité de cette "comédie" (mais est-ce bien une comédie ?)

  • les autres le rejetant violemment et critiquant la cruauté grotesque (disent-ils) des personnages et des situations...


Je parlerai donc d'autre chose : ma surprise de m'être retrouvé même dans les mimiques (significatives) qui sont les vôtres dans ce film et par lesquelles, loin du "ridicule" que certains évoquent, vous exprimez l'infinie distance par rapport aux vaines agitations.


C'est là probablement le sommet de la lucidité et de la liberté (mais l'air y est peu respirable) et je vous sais, Monsieur Luchini, amateur de Céline, pour lequel les bouffonneries font partie du tragique le plus aigu. Nietzsche, que vous aimez aussi, partait d'une sensibilité comparable mais voulait, lui, surmonter cette fascination du Rien.


Le juge de "l'Hermine" (film de Christian Vincent - 2015), que vous connaissez bien, nous permet, lui, d'accéder à une altitude où l'air redevient vivable : l'amour vécu avec fraîcheur quel que soit l'âge, et l'inlassable espérance...


Merci à vous.


 
 
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