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Cinema International Corporation, la puissance invisible qui faisait voyager les films

  • Photo du rédacteur: Sanjorge Guillaume
    Sanjorge Guillaume
  • 30 déc. 2025
  • 2 min de lecture

On parle souvent d’un film par sa mise en scène, ses acteurs, son époque. On oublie un levier décisif : qui, concrètement, a eu la capacité de le faire exister hors de son pays d’origine, de négocier les sorties, de calibrer la promotion, d’ouvrir ou de fermer l’accès à des territoires entiers. Cinema International Corporation est l’un des noms clés de cette histoire industrielle. Dans les années 1970, cette structure a contribué à standardiser et accélérer la distribution internationale des grands studios américains, en organisant une circulation des films à l’échelle mondiale de façon plus intégrée et plus efficace.


Cinema International Corporation est créée au début des années 1970 comme coentreprise entre Paramount Pictures et Universal Pictures, avec un objectif simple et stratégique : mutualiser la distribution de leurs films hors des États-Unis et du Canada. Au lieu de dupliquer pays par pays des équipes, des contrats et des coûts fixes, la coentreprise permet de centraliser les opérations, les négociations avec les exploitants et les méthodes de mise en marché, tout en conservant le contrôle sur la manière dont les films sont lancés et installés sur les marchés étrangers.


La montée en puissance de Cinema International Corporation s’explique aussi par l’élargissement de son périmètre. Au début des années 1970, Metro-Goldwyn-Mayer ferme sa branche de distribution et confie à Cinema International Corporation la distribution internationale de ses films dans le cadre d’un accord pluriannuel. Ce type de mouvement illustre une réalité très concrète : maintenir un réseau international coûte cher, et lorsqu’un studio se retire, l’acteur qui dispose déjà d’une infrastructure solide devient un relais naturel.


Cinema International Corporation ne se limite pas aux salles. Avec l’essor du marché de la vidéo, la société crée une branche dédiée, Cinema International Corporation Video, chargée de distribuer dans de nombreux pays les titres Paramount et Universal en home entertainment. Fait intéressant, la marque vidéo survit à la structure cinéma : même après la fin de Cinema International Corporation comme entité de distribution internationale, son nom continue d’exister sur des éditions vidéo jusqu’à la fin des années 1990, avant d’être absorbé dans les réorganisations internes des studios.


En 1981, Cinema International Corporation cesse d’exister sous cette forme. Elle s’inscrit dans une recomposition plus large de la distribution internationale et devient l’un des éléments d’une nouvelle structure, United International Pictures, qui prolonge l’idée d’une distribution mutualisée pour Paramount et Universal sur de nombreux territoires.


Cinema International Corporation a été l’un de ces opérateurs invisibles qui, à grande échelle, ont structuré l’accès aux œuvres et, par ricochet, une partie de la mémoire collective du cinéma tel qu’il a été découvert hors des États-Unis.



 
 
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